Adopter un chiot fait peut-être partie de vos projets ? Voici quelques conseils pour réussir ce « rendez-vous » et rendre votre chien heureux.

Quelle race choisir  ?

C’est  la question que tout futur adoptant se pose en général. La question sous jacente est « Y a-t-il une race idéale pour moi ? ».

La réponse est évidemment non. En effet, un chien n’est pas une machine et une race n’est pas comme une marque ou un modèle de voiture.

Un chien est un être vivant, un individu à part entière avec ses particularités propres. Toutefois, il est vrai que l’espèce canine comprend des races extrêmement variées, notamment par la taille certains chiens pouvant peser moins de  1 kg et d’autres près de 100 kg.

« À mon sens, la question de la race est d’abord celle de la taille du chien que l’on veut adopter, puis celle de ce que l’on veut partager avec lui », explique le Dr Valérie Dramard, vétérinaire comportementaliste.

Les chiens de très petite taille conviendront à des personnes plutôt sédentaires, qui aiment avoir un animal dans les bras pour les câlins. Pour les sportifs, des races toniques, actives et robustes conviendront mieux. Bien sûr, vous pouvez être « amoureux » d’une race, mais avant de l’adopter, vérifiez que la taille et les spécificités de cette race conviennent avec votre mode de vie. Par exemple, si vous souhaitez adopter un chiot dogue allemand alors que vous habitez dans un appartement de 30 m2, vérifiez que vous avez très près de chez vous un grand parc où il pourra s’ébattre.

La question du budget est aussi à prendre en compte. Plus la taille d’un chien est grande, plus le budget pour la nourriture et les frais vétérinaires est élevé, mais les frais vétérinaires peuvent être très élevés pour certaines races plus « fragiles ».

Où adopter son chiot ?

Les conditions de développement d’un chiot avant l’âge de 3 mois influencent de manière fondamentale son comportement futur. En effet, le maternage jusqu’à l’âge de 2 mois dans un environnement suffisamment stimulant est indispensable (cf. encadré). Le maternage pendant 2 mois est essentiel pour l’apprentissage des autocontrôles et la régulation des émotions (régulation de l’homéostasie sensorielle). Il faut donc que la mère soit en forme et bien équilibrée et qu’elle puisse s’occuper de ses chiots à sa guide pendant ces deux mois.

La situation idéale est celle d’un chiot qui s’est développé dans les conditions de vie en famille (en maison, en présence d’humains de tous âges, dans une ambiance sonore et visuelle de vie familiale) avec sa mère, ses frères et sœurs jusqu’à au moins 2 mois et avec d’autres animaux (autres chiens adultes, chats…). Toutefois, si l’élevage permet d’apporter ces éléments favorisant la socialisation, c’est parfait.

Si vous achetez votre chien dans une animalerie, il est possible d’avoir des informations sur l’élevage d’origine mais pas toujours. Dans ce cas, c’est le comportement propre du chiot qui peut vous orienter que la qualité de sa socialisation avant 2 mois.

Quel chiot choisir dans la portée ?

S’il vous est possible de choisir votre chiot au sein de la portée, il vaut mieux éviter de prendre le chiot le plus peureux qui se tient tout au fond de la pièce ou celui qui se précipite vers vous et vous mordille fortement.

Évidemment, parfois on a un coup de cœur et il est difficile de choisir avec objectivité… c’est une rencontre, c’est comme ça !

Mais, il vaut mieux rester le plus objectif possible. Pour cela, un dernier conseil : certains « marchands » usent d’une astuce pour vous faire craquer sur le chiot qu’ils veulent vous vendre : il place le tout petit chiot dans vos bras … et là, vous craquez, impossible de s’en séparer, c’est comme instinctif, vous souhaitez le garder, l’emmener chez vous. Alors, pour garder votre objectivité autant que possible, croisez les bras !

Remerciements au Dr Valérie Dramard, vétérinaire comportementaliste

Encadré :

Les tests pour évaluer le tempérament

Il existe des tests qu’on peu réaliser au sein de l’élevage qu’on appelle Tests de Campbell qui permettent d’évaluer le tempérament d’un chiot, c’est-à-dire de quelle manière il aura tendance à réagir dans une situation de contrainte ou de stress. Un chiot qui se montre très inhibé et peureux lors des tests risquera de réagir de la même manière dans des situations de stress plus tard. Un chiot qui au contraire se montre récalcitrant et agressif lors de ses tests risque de conserver cette tendance à réagir agressivement dans des situations de stress. Le résultat de ces tests dépend aussi de la qualité de la socialisation du chiot au sein de l’élevage.

 

Comment bien l’accueillir à la maison ?

Pour que l’arrivée à la maison de votre chiot se passe au mieux, il faut avoir prévu 3 éléments :

  • Qui s’en occupera en priorité, c’est-à-dire qui ira le promener, l’amener chez le vétérinaire, veiller à ses soins, acheter les fournitures ?
  • Où va-t-il dormir et manger ?
  • Où ira-t-on le promener ?

Le fait de se poser ces questions permet d’anticiper son arrivée et de ne pas se laisser prendre au dépourvu.

Il est préférable que dès la première nuit, il dorme dans un panier bien chaud et bien confortable (comme un petit nid) où on aura placé un linge ou un objet qui était avec lui quand il était dans l’élevage qu’il pourra prendre en gueule ou avec lequel il dormira (comme un doudou pour un enfant).

Il vaut mieux qu’il ne dorme pas seul les premières nuits, donc pas loin d’une personne (au sol) ou d’un autre animal pour qu’il puisse bien s’endormir.

L’utilisation de phéromones apaisantes (comme Adaptil®) permet de l’aider à s’apaiser et à mieux dormir au début.

En effet, il faut penser à ce qu’il dorme bien, car s’il dort bien, il sera plus vite propre et se développera bien. S’il dort mal, il risque de faire des bêtises et d’avoir du mal à être éduqué.

Certaines formules d’assurance santé animale pour chien prennent en charge et remboursent ce genre de traitement prescrit par le vétérinaire sans ordonnance.

 

Pour une bonne éducation…

Il vaut mieux motiver, encourager et récompenser que punir. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais dire non, mais pas en criant, pas en tapant, ou en le secouant tout le temps par la peau du coup. Allez-y avec douceur, compréhension mais aussi fermeté et détermination. C’est comme éduquer un enfant, il faut des règles apaisantes mais des règles justes et respectueuses de l’individu. Faire obéir un chiot qui est fatigué, qui a faim ou a envie de faire ses besoins, c’est voué à l’échec. En revanche, quand le chiot est bien reposé, qu’il a mangé et fait ses besoins, il est disponible pour vous écouter et apprendre. Attention, les séances d’éducation, ce n’est pas plus de 5 minutes d’affilée, sinon le chiot se déconcentre vite.

 

Pour un bon développement en élevage

  • Une mère en bonne santé et bien équilibrée.
  • Des chiots laissés avec la mère jusqu’à 8 semaines pour qu’elle puisse bien les materner, les éduquer. Un chiot – tout comme un chaton d’ailleurs – ne peut pas légalement être vendu ou cédé avant cet âge.
  • Un environnement suffisamment spacieux et bien organisé pour que les chiots puissent explorer, pour que la mère puisse se reposer, pour que les chiots apprennent tôt à faire leurs besoins loin de là où ils dorment.
  • Un environnement riche en stimulations variées (sol en matériaux divers, des objets de couleurs, de tailles, de formes et en matières différentes).